Hôpital et santé publique

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    CONSEIL REGIONAL et HÔPITAL

    Le 11/05/2021

    Nous partageons le texte de Jean René MARSAC, ancien élu municipal de Redon et député PS de 2007 à 2017.

    Sa réflexion éclaire la question de la gestion territoriale de l’hôpital et de la démocratie sanitaire. 

    "J'ai siégé plusieurs années dans le conseil d'administration du centre hospitalier polyvalent de REDON, avant que la Loi Bachelot supprime l'administration locale au profit d'une direction hospitalière copiée sur le modèle de l'entreprise privée (un directeur nommé par le ministère, un directoire composé de cadres  et un conseil de surveillance qui n'a comme pouvoir que de donner des avis !). 

    Député de 2007 à  2017 et impliqué dans un groupe de travail sur la reconstruction de notre hôpital depuis 2018, j'ai vu les  effets de cette  dépossession du pouvoir local où, de fait, personne ne se sent en pleine responsabilité de la pérennité  de l'hôpital : des élus locaux qui se pensent sans pouvoir (certains s'accrochent, d'autres beaucoup moins!) ; des directions qui, par définition, bougent fréquemment en fonction des plans de carrière ; des médecins eux-mêmes de plus en plus souvent de passage pour quelques années (sans compter les services qui reposent essentiellement sur des médecins en intérim). 

    La création des Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT) en 2016 a eu de bonnes intentions en matière de parcours de soins, de partage de postes entre des CHU et des pôles d'équilibre, de recherche d'économie d'échelle dans des politiques d'achats et services supports mis en commun...... Mais c'est aussi une dilution supplémentaire des responsabilités et une centralisation qui rajoute de la lourdeur et de la lenteur (sur les commissions d'appel d'offres par exemple).

    Visant les politiques régionales, je ne traite pas ici de la tarification à l'acte (T2A) introduite progressivement  il y a une dizaine d'années et qui a pénalisé plus fortement les hôpitaux polyvalents (avec chirurgie, maternité, urgences, médecine, radiologie, soins de suite.....) que les CHU ou que les hôpitaux de proximité (ayant 1 ou 2 services seulement). Ce mode de financement doit absolument être refondu ; il faudra en faire un débat pour les élections nationales de 2022  

    Au total, la politique libérale (recherche d'économies dans la dépense hospitalière) a amené à créer une chimère : un hôpital qui est le service public  le moins bien financé de tous les services publics, supposé piloté comme une "entreprise" mais sans aucune marge de manoeuvre (surtout pas sur ses tarifs !) et sans identification claire du décideur (la direction ? le GHT? l'ARS?)  

    Au sortir de la pandémie nous voyons bien que de très nombreux sujets vont devoir être revus en profondeur sur le fonctionnement hospitalier et dans la répartition des compétences. Nous en avons pour plusieurs années.

    Pour l'instant, dans le cadre des élections régionales, trois sujets doivent être mis sur la table :


    1)  Continuons-nous dans le sens d'une technocratisation de la santé  où plus personne n'a plus le sentiment de peser sur rien ? Les conseils régionaux peuvent relancer une politique sanitaire de territoire en y mettant plus de lisibilité, d'efficacité et d'égalité.

    2) Est-il pensable de continuer à demander aux hôpitaux de financer eux-mêmes leurs investissements immobiliers alors qu'ils sont le plus souvent déficitaires (et donc sans réserve financière ni le plus souvent en situation de dégager un autofinancement) , avec seulement 25% de subventions de l'ARS ? Encore une fois aucun autre service public est aussi mal financé pour ses investissements ; même la SNCF fait subventionner ses gares et ses quais (parfois jusqu'à 80%) par des fonds publics ! Même les entreprises privées du très haut débit sont mieux subventionnées dans les territoires jugés peu rentables !!!!

    3) Les Conseils Régionaux devraient pouvoir intervenir en soutien à l'investissement, au titre de la politique d'aménagement du territoire et parce qu'un hôpital est une véritable locomotive du développement local. En quoi une régionalisation de l'investissement hospitalier serait-elle moins justifiée que celle qui a été faite pour les lycées ? Dans la structuration des territoires, les hôpitaux seraient-ils moins prioritaires que les établissements scolaires ?  


    Que disent les programmes régionaux de tout cela ?"

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    Histoire de la création de l'hôpital inter communal de Saint Malo à la reconstruction

    Le 04/05/2021

    Daniel Bouffort, ancien cadre hospitalier s'est fait historien et raconte comment, à la reconstruction, sous l'impulsion forte de l'Etat a été construit l'hôpital intercommunal de Saint-Malo, fusionnant l'hôpital communal de Saint-Servan (Les rosais) et l'hôpital Hotel Dieu de Saint Malo.

    Une première étape vers la fusion des trois communes de Saint-Servan, Saint-Malo, Paramé.

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    Démocratie sanitaire ? Qui décide du projet du nouvel hôpital à Saint-Malo ?

    Le 29/04/2021

    Dans la série Paroles de Malouins, Malouines, une nouvelle interview de Eric Adam, délégué syndical adjoint de l'hôpital de Saint-Malo.

    Représentant élu des salariés au conseil de surveillance de l'hôpital, Eric Adam met en évidence la manière dont s'exerce la "démocratie sanitaire" à propos du projet du futur hôpital pour lle territoire de santé n° 6, "Saint-Malo, Cancale, Dinan".

    Une bonne entrée en matière au vidéo-débat organisé par la coordination, le 6 Mai à 18 h 30

     

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    Un forum en visio-conférence le 6 Mai.

    Le 25/04/2021

    Pour le "Monde d'après", la coordination  malouine porte une double exigence

    en matière de santé.

    Carte ts 2010

    =>  Un droit effectif de vivre en bonne santé, pour toutes et tous, sans discrimination, à tous les âges de la vies, pour cela sur chaque territoire de vie :

                -> bénéficier d'une politique et de moyens coordonnés de prévention et d'éducation sanitaire.

                -> bénéficier de l'accompagnement par un médecin traitant de son parcours de santé  et accéder par lui à une offre de soins primaires et aux soins d'urgence en cas de   nécessité.

                -> accéder à un plateau de soins hospitaliers de qualité sur un large spectre de pathologies et prises en charge, avec des capacités d'accueil en relation à la démographie et à l'anticipation des risques sanitaires.

    => La mise en œuvre réelle de la "démocratie sanitaire” promise par la loi :

    -> en assurant la mise en œuvre effective du droit individuel des patients au soin consenti et à l'accompagnement du parcours de santé tout au long de la vie.

    -> en permettant réellement la participation de la population et de ses organisations :

                - à l'évaluation et à la définition des politiques et moyens de santé sur les territoires.

                - l'accès à l'information sur l'état du système de santé et les projets.

                - la consultation effective (au delà du formalisme institutionnel) et la prise en compte des avis et propositions des représentants des usagers, des professionnels (associations, syndicats...).

                - La responsabilisation des élus locaux sur la planification, la gestion et l'attribution des moyens relevant des politiques publiques.

     

    Deux défis d'actualité :

    Deux évènements rendent  plus que jamais nécessaire la mobilisation de la population sur notre territoire :

    -> La mise en œuvre erratique et chaotique (comme ailleurs sur tout le territoire national) des mesures sanitaires pour faire face à la pandémie, d'une part,

    -> l'accélération du processus de restructuration des hôpitaux publics de Saint-Malo, Dinan, Cancale dans le cadre du "groupe hospitalier Rance-Emeraude (secteur de santé 6) d'autre part,

    C'est en partant de l'examen de ces évènements et de leurs effets possibles que nous  pourrons le mieux établir une stratégie d'action commune. C'est pourquoi, au delà de l'appui et de la mobilisation autour des mouvements engagés par les personnels de santé et leurs organisations, la coordination malouine veut conduire un travail d'écoute, d'enquête, d'information et de sensibilisation de la population de l’ensemble du secteur sanitaire n°6.

    D'ors et déjà sont programmés :

    -> un premier forum en visio conférence, associant professionnels de santé, usagers, militant.es des pays dinannais et malouins, le 6 Mai  de 20 h à 22 h (qui pourra être suivi d'autres à mesure que se préciseront les enjeux et se construiront les axes d'actions...) pour poser collectivement le problème, étayer le questionnement.

    -> une série d'interviews d'acteurs locaux, sous format "parole de malouin" diffusés sur le site internet et la chaine Youtube de la coordination, pour fonder une connaissance et une intelligence collective du problème : élus locaux, syndicalistes et professionnels de santé, représentants d'associations d'usagers, malades et familles de malades...

     

    Pour participer au forum Zoom

    du 6 Mai, de 19 h à 21 h.

    Pour cela inscrivez-vous par mail : construisonslapres@gmail.com

    Vous recevrez un lien qui vous permettra d'accéder à la réunion vidéo.

    La réunion se fera sous forme de sous groupes thématiques et d'une plénière de synthèse autour du questionnement suivant, en trois parties :

    1 - Quelles leçons tirons-nous de la crise sanitaire de la covid-19 quant au dimensionnement du service public hospitalier sur le territoire Saint-Malo – Dinan. Sachant que cette crise a pu confirmer/révéler au grand jour les insuffisances criantes de l’appareil existant notamment en matière : 

        -> d’accès aux soins urgent, de capacités d’accueil et d’hospitalisation complète en particulier en médecine pour prendre en charge les pathologies aigues des personnes âgées, d’accès de proximité aux soins d’obstétrique et périnataux, d’accès aux soins de santé mentale...

    -> L’hôpital est aussi un lieu où l'on meurt. La pandémie a montré non seulement l'inhumanité de l'accompagnement de la fin de vie, de la personne décédée et de son entourage, mais aussi la mise à distance de la mort et enfin la difficile articulation entre le secteur hospitalier et le secteur funéraire. 

    2 - Comment envisager une réorganisation équilibrée de l’appareil de santé publique du secteur Saint-Malo – Dinan.

    -> En partant des besoins présents et à venir de la population, en prenant en compte les évolutions démographiques (croissance du nombre de personnes âgées), environnementales (pollution…), les pathologies en augmentation (cancer, addiction, ….) et la nécessaire anticipation de nouvelles pathologies…

    -> En reposant les questions de prévention et d’accès aux soins pour tous et toutes et donc du risque de non-recours au droit à la santé.

    -> En abordant aussi les questions de démographie, de formation, de rémunération  et de qualité de travail des professionnels de santé (médicaux et non médicaux), de financement du fonctionnement et de l’investissement des institutions sanitaires

    -> En posant la nécessaire coopération et non la concurrence entre communes sur un même territoire (St Malo contre Dinan et inversement).

    3 - Comment assurer enfin la transparence et l’implication/intervention de la population sur cette réorganisation profonde d’une partie importante du système de santé du territoire ?

    -> Comment mettre en pratique cette démocratie sanitaire promise par la loi mais qui fait cruellement défaut, ou est essentiellement formelle, institutionnelle et opaque ?

    -> Quelle nature de relations doit nouer le système public de santé avec les opérateurs privés ?

    -> Quelle transparence concernant le financement : où en est la dette et comment seront financés les nouveaux investissements ?

     

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    Virginie et Jean François, travailler dans la restauration durant la pandémie

    Le 20/04/2021

    Un nouvel épisode de "Paroles de malouins, malouines".

    Virginie et Jean François, employé.e.s de restauration. Ils nous parlent de leur vécu durant une année de pandémie et deux confinements.

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    Capture d e cran 2021 04 14 a 14 06 42

    Contribuer à l'écriture du "Plan de sortie de crise"

    Le 14/04/2021

    Capture d e cran 2021 04 14 a 14 06 55

    En préparation d'Etats Généraux le collectif national "Plus Jamais ça" propose un "plan de sortie de crise" à discuter et amender.

    Autour de l'appel "Plus jamais ça", depuis plusieurs mois, des organisations syndicales et associatives convergent, convaincues que les réponses aux urgences sociales et écologiques doivent être construites ensemble. La crise qui a éclaté au début de l'année 2020 montre une fois de plus la nécessité de changer de système. C’est pourquoi ces organisations ont constitué un front élargi et inédit pour initier une tribune, puis une pétition et un appel aux mobilisations du 1er mai 2020.

    Un an plus tard il est plus que nécessaire de dépasser l’effet de sidération paralysant que génère le traumatisme de la crise sanitaire dont on ne voit pas la sortie, confinements après confinements. La population doit exiger que des enseignements soient tirés et de nouvelles politiques de remédiation et rupture soient adoptées. C’est le sens des mesures que propose et verse au débat ce "PLAN DE SORTIE DE CRISE". Elles sont volontairement précises et le plus souvent chiffrées mais ne sont pas figées, ficelées et définitives. Elles sont soumises au débat public pour être complétées.

    Le texte du Plan de sortie de crise peut donc faire l'objet d'amendements citoyens d'ici aux Etats Généraux organisés par "Plus jamais ça" les 28 et 29 Mai, à Paris. Le samedi 29 devraient se dérouler des ateliers : le matin sur la base des amendements apportés au plan de sortie de crise (les thèmes qui font débat) et l'après-midi serait dédiée aux différentes formes de luttes pour mettre en acte ce Plan. 

    A Saint-Malo, la coordination Le Monde d'Après réfléchit à une contribution possible aux Etat Généraux. Le comité de pilotage doit décider des thèmes sur lesquels une contribution locale pourrait être faite ainsi que la manière de produire ce texte (ordre du jour de la prochaine réunion du comité de pilotage, Lundi 19 Avril)

    Pour prendre connaissance du "Plan de sortie de crise" téléchargez le : 

    Le plan de sortie de crise attac-le-plan-de-sortie-de-crise.pdf (483.78 Ko)

     

    N'hésitez pas à rejoindre la coordination et participer à la réflexion

    en vous inscrivant à notre liste de contacts en envoyant un message en ce sens à "construisonslapres" <construisonslapres@gmail.com>

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    Pour éclairer la réflexion de la coordination sur la démocratie sanitaire

    Le 30/03/2021

    La coordination "Le Monde d'Après de Saint-Malo"est mobilisée

    sur l'enjeu de la "démocratie sanitaire". 

    La démocratie sanitaire, qui consiste à informer, à faire choisir librement et à faire participer les citoyens aux politiques de santé, existe-t-elle ? Durant la longue crise du Covid-19, elle a été pratiquement réduite à néant. État des lieux et éclairages inquiets de Barbara Stiegler.

    Capture d e cran 2021 03 30 a 17 29 44

    Barbara Stiegler est professeuur des Université à Bordeaux où elle dirige le master interdisciplinaire "soins, éthique, santé" à l'université Bordeaux Montaigne. Elle publie dans la collection "Tract Gallimard", "De la démocratie en pandémie".

    Elle présente son ouvrage dans un entretien très riche avec Pierre Coutelle,

    sur la chaîne de la librairie mollat 

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     La coordination « Le Monde d’après » s’inquiète des lenteurs de la campagne vaccinale à Saint-Malo

    Le 26/02/2021

    Dans la situation sanitaire présente, la coordination locale "Le Monde d’Après" s’inquiète de la lenteur de la campagne vaccinale dans notre région comme sur le plan national .

    Commencée, début janvier dans les établissements de soins puis le 18 janvier au Centre du Naye, la vaccination n’avait touché au 14 février que 6.664 personnes, dont seulement 1517 avaient reçu le nombre complet de doses. Le centre du Naye ne disposait que de 300 doses par semaine. Sachant que dans le bassin de Saint-Malo le nombre des personnes âgées de plus de 75 ans est de l’ordre de 20.000, on mesure que le rythme de la campagne vaccinale est très insuffisant et que la protection des personnes volontaires les plus exposées aux formes graves de la Covid-19 ne pourra être acquise que dans plusieurs mois. Quant aux autres personnes, l’horizon reste très lointain.

    On nous annonce que le centre du Naye va disposer à partir du 1er mars de 800 doses par semaine ainsi que des disponibilités en vaccin Astra Zénéca, dont l'administration est connue, par ailleurs, pour avoir généré des effets secondaires significatifs.   L'évolution annoncée est certes appréciable. Il n'en demeure pas moins que la coordination locale entend reprendre à son com^te les initiatives de centaines d'associations, d'organisations syndicales, sociales et politiques, nationales et européennes.

     

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    A PROPOS DU PROJET DE RE-ORGANISATION HOSPITALIERE DU TERRITOIRE SAINT-MALO - DINAN

    Le 24/02/2021

    Ainsi donc, le directeur de l’Agence Régionale de Santé, le directeur du Groupement Hospitalier de Territoire (hôpitaux publics de Saint-Malo, Dinan et Cancale), les maires de ces trois communes et les médecins président.es des Commissions médicales viennent de signer une lettre de cadrage, décrivant le futur de l’organisation hospitalière de notre région. Cette signature a fait l’objet d’un certain battage médiatique. Pour autant, le contenu de la lettre de cadrage n’a pas été rendu public de même d’ailleurs que l’étude du cabinet Rossetti (M Santé Conseil) sur laquelle il s’appuie. Dans ces conditions de relative opacité, on est contraint de raisonner avec prudence par rapport à cette annonce et sur la base de la communication officielle. 

    Deux orientations majeures 

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